Savoir détecter et traiter les problèmes auditifs

De plus en plus de Français sont touchés par des troubles de l’audition. Souvent liés à l’âge, il existe toutefois d’autres origines possibles (otites, traumatismes, médicaments…). Le détail sur ces premiers signes d’une perte auditive qui peut s’avérer handicapante.

Les premiers signes de la perte d’audition

L’oreille humaine perçoit les bruits à partir de 0 dB jusqu’à 130 dB, limite à partir de laquelle le bruit devient douloureux. Dans la vie quotidienne, la plupart des sons sont compris entre 30 et 90 décibels. Par exemple, une personne qui chuchote émet des sons à 30 dB, une personne qui parle à 65 dB, et une personne qui crie à 90 dB. Mais il se peut que cette échelle d’audibilité change, et que l’on n’entende plus certains sons. La baisse d’audition est discrète et progressive, et les individus touchés peuvent ne pas s’en rendre compte immédiatement. On sous-estime souvent ses premières manifestations, en mettant cela sur le compte de la fatigue, par exemple. Pourtant, elle peut rapidement prendre des proportions plus importantes, et nuire à la communication et à la vie quotidienne. Dans ces cas-là, les personnes qui souffrent de baisse auditive utilisent des moyens de compensation tels que déduire les mots qu’ils n’entendent pas en fonction du contexte de la phrase ou lire sur les lèvres. Mais ces « astuces » ont leur limite et il est préférable de rechercher des solutions pérennes.

Effectuer un suivi pour surveiller son ouïe

Voici une liste, non exhaustive, de signes qui peuvent paraître anodins mais qui, s’ils s’accumulent, doivent vous alerter sur votre baisse d’audition :

– Vous entendez moins bien les voix aiguës tout en comprenant bien les voix graves
– Vous n’entendez plus certains mots d’une discussion mais vous les devinez en fonction de la conversation
– Vous devez être face à la personne qui vous parle pour bien saisir ce qu’elle dit
– Vous montez le volume de votre télévision, radio, sonnerie de téléphone…
– Les environnements raisonnablement bruyants vous fatiguent
– Vous devez vous concentrer pour mener une conversation au téléphone
– Les conversations à plus de deux personnes vous semblent difficiles à suivre, vous vous mettez alors en retrait
– Vous êtes sujet à des acouphènes, ces bourdonnements ou sifflements que vous seul entendez

Il arrive que les personnes souffrant de troubles auditifs refusent de l’admettre, et reportent la faute sur l’entourage qui ne parle pas assez fort ou n’articule pas correctement. Le plus souvent, cette baisse auditive est liée au vieillissement naturel du système auditif, c’est la presbyacousie, l’équivalent de la presbytie pour la vue. Si vous reconnaissez souffrir d’un ou plusieurs de ces symptômes, vous pouvez effectuer un test auditif. Pour cela, consultez un médecin ORL ou prenez rendez-vous directement sur le site https://bilan-auditif.fr.

Vous trouverez également de nombreuses informations concernant ce test auditif  sur le guide de la « journée nationale de l’audition » qui répond également à 100 questions sur les acouphènes, la surdité, les protections auditives, les implants, etc.

Dépasser les tabous liés aux problèmes auditifs

Que ce soit la personne sourde qui refuse d’admettre ses problèmes auditifs ou l’entourage qui, sans le vouloir, rejette le malentendant, il est difficile de se confronter aux problèmes auditifs.

La perte d’audition, contrairement aux troubles de la vue par exemple, restent à l’écart des préoccupations des Français. On ose dire qu’on voit mal, mais il est plus gênant de dire qu’on entend mal, de peur de « faire vieux ». En effet, seulement 1 senior sur 3 admet s’inquiéter d’éventuels problèmes d’audition. Pourtant, 34% d’entre eux admettent avoir des difficultés à entendre. Cela se traduit le plus souvent par des acouphènes, des sifflements ou des bourdonnements dans les oreilles et des difficultés de compréhension de l’interlocuteur, surtout dans un environnement bruyant. Evidemment, ces difficultés impactent la qualité de vie des seniors et peut mener à un certain désespoir. Pour 90% d’entre eux, cela nuit aux relations sociales ou professionnelles, et dans une moindre mesure, à l’humeur et aux activités du quotidien.
Conscients des répercussions négatives de cette perte auditive, ils sont pourtant peu à effectuer des tests auditifs, seulement 1 senior sur 3.
C’est pourquoi il est nécessaire de parler ouvertement de ces difficultés et casser les tabous. Il est possible d’entretenir l’illusion auprès de son entourage, mais il existe des solutions pour accompagnes les malentendants et améliorer leur qualité de vie.

Vivre normalement en étant malentendant

Les problèmes auditifs ne sont pas réservés aux personnes âgées. Et inversement, ce n’est pas parce que vous avez des problèmes d’audition que vous être vieux. Avec les nouvelles pratiques telles que l’utilisation très fréquente de baladeur, les problèmes auditifs touchent de plus en plus de personnes. Plutôt que de s’enfermer dans une bulle et de se couper de son entourage, il est tout à fait possible pour le malentendant de continuer à vivre avec ses problèmes auditifs. En effet, s’équiper d’un appareillage auditif est devenu un geste quasi banal puisque 38% des seniors affirment qu’ils s’équiperaient certainement en cas de besoin. Porter une audioprothèse n’est pas le reflet d’un handicap. Diriez-vous dire que le port de lunettes en est un ? Bénéficier d’une aide auditive n’est pas non plus anodin, puisqu’il faut un certain temps d’adaptation, mais la contrepartie en termes d’amélioration de la qualité de vie est appréciable. Devenir sourd n’est donc pas une fatalité, peu importe l’âge auquel les problèmes auditifs surviennent. Le plus important est de ne pas les ignorer et d’en parler à votre médecin ou votre entourage au plus vite.