Jose Gaydu présente les enjeux de l’évaluation des politiques publiques

Indispensables pour définir des programmes de développement pertinents, Jose Gaydu explique que les politiques publiques sont appelées à être évaluées périodiquement. Une telle évaluation implique une analyse de l’efficacité des programmes mis en œuvre ainsi qu’une adoption de mesures correctives. Quels sont les enjeux de l’évaluation des politiques publiques ?

La détermination des interventions publiques prioritaires

Le déploiement d’une intervention publique est généralement motivé par la nécessité de résoudre des dysfonctionnements ou inégalités d’une société. Ceci suppose que la définition d’une politique publique doit d’abord émaner d’une synthèse des aspirations des différentes composantes et acteurs sociaux.

Pour Jose Gaydu, l’évaluation aura comme premier enjeu d’entreprendre des démarches pour cerner les besoins réels de toutes les parties concernées. La connaissance précise de ceux-ci facilitera en effet la détermination des axes prioritaires sur lesquels doit agir une politique publique. En pratique, l’évaluateur devra réaliser entretiens, analyses quantitatives et qualitatives afin de révéler les problèmes profonds des populations.

C’est en satisfaisant cet enjeu qu’il permettra aux décideurs d’élaborer des programmes de développement prioritaires. Mieux, les pouvoirs publics seront en mesure d’opérer les réajustements nécessaires pour tendre vers des actions pertinentes. En outre, ces dernières ont davantage de chances d’être favorablement accueillies par les citoyens puisqu’elles reflètent plus ou moins leurs vœux.

L’identification des pratiques et procédures adaptées

La démarche évaluative a également pour enjeu de mettre en lumière les procédures et pratiques professionnelles qui influencent la performance d’une politique. L’évaluateur s’investit en effet à identifier, puis expliquer les pratiques qui sont potentiellement responsables des dysfonctionnements d’un programme. « Pour ce faire, il s’appuie sur des critères prédéfinis ayant valeur de normes » dit monsieur Gaydu Jose.

Ceux-ci servent à identifier efficacement les procédures publiques et actions des acteurs politiques adéquates de celles qui le sont moins. Ce faisant, l’évaluation est souvent perçue, à tort, par les personnes évaluées comme un outil d’audit ou d’inspection. La finalité poursuivie ici reste cependant de suggérer des pistes de correction des méthodes professionnelles de travail.

Cet enjeu a également pour corollaire d’induire la définition de nouvelles pratiques propres à permettre une meilleure application des politiques. En ce sens, l’évaluation s’apparente à une solution de remise en cause continue. Par ailleurs, les critères utilisés sont généralement communs à plusieurs systèmes nationaux d’évaluation et sont régulièrement soumis à des améliorations.

Ce dernier aspect soulève toutefois une interrogation : comment appliquer au plan international les normes d’évaluation en respectant les contextes ? Aussi, les experts de la discipline se réunissent-ils périodiquement pour mener des réflexions afin d’adapter la démarche évaluative aux réalités nationales.

L’évaluation pour mettre en place de meilleurs dispositifs d’action avec Jose Gaydu

« L’ultime enjeu de l’évaluation des politiques est relatif aux potentielles structures et dispositifs qu’il reste possible d’introduire dans les programmes » explique Jose Gaydu. Au terme de sa mission, l’évaluateur suggère en effet des recommandations et changements dans l’optique de remédier aux insuffisances identifiées. Ces ajustements à réaliser concernent entre autres une réorganisation des processus d’intervention publique au sein des programmes.

De même, les dispositifs classiques mis en place dans le cadre desdits programmes sont remis en cause par les corrections. Comme solutions, l’évaluateur peut proposer une nouvelle répartition des ressources budgétaires et des moyens matériels et humains. Ce qui n’est pas forcément bien accueilli par certaines parties prenantes, en particulier les composantes évaluées.

Toutefois, le dernier mot revient aux autorités décisionnelles et à leur volonté d’implémenter des changements durables dans les initiatives de développement.