IHU Marseille : les virus géants présenté par Didier Raoult

L’origine des virus géants est controversée et souvent associée à l’expérimentation de divers types de micro-organismes dans la nature. Didier Raoult nous aide à y voir plus clair.

Qui sont-ils ? Didier Raoult nous éclaire

Didier Raoult Girus
Didier Raoult nous éclaire sur ces « girus »

Également appelés girus, ils désignent des virus dont la taille est supérieure à 0,2 μm et dont le génome comprend plus de 300 000 pb.

Ils sont visibles au microscope grâce à leur taille d’1 micromètre – taille très semblable à celle des bactéries. Cela supprime les limites jugées jusqu’ici comme infranchissables entre l’univers viral et l’univers cellulaire.

Didier Raoult explique que ces types de macro-organismes sont également souvent alliés aux amibes comme le Mimivirus qui infecte l’Acanthamoeba polyphaga, et le Mamavirus qui infecte l’Acanthamoeba castellanii ou le Megavirus chilensis.

Ils présentent de plus une génétique complexe et sont exclus du vivant, puisqu’ils sont capables de se multiplier que dans l’organisme cellulaire qu’ils contaminent.

L’IHU Marseille « Méditerranée infection » les étudie afin de prévenir, gérer et mieux comprendre les maladies infectieuses qu’ils causent.

Recherches et familles de virus

Didier Raoult - les recherches
Les recherches de l’IHU et Didier Raoult sur ces virus

L’origine des virus géants débute en 2003 avec l’équipe du Professeur Didier Raoult, de l’IHU Marseille « Méditerranée infection », spécialiste dans la prévention des maladies infectieuses et tropicales.

 

Elle identifie en partenariat avec l’équipe de J.M Claverie, dirigeant du laboratoire d’Information Génomique et Structurale, le type viral d’un micro-organisme, révélé une dizaine année auparavant, par l’anglais Timothy Rowbotham et considéré à tort comme une bactérie : le Mimivirus.

Puis, en 2013 et en mars 2014, J.M Claverie, met en évidence avec ses collaborateurs l’existence de deux nouvelles familles de virus : les Pandoravirus et les Pithovirus.

Ils ont donc pu dénombrer au total trois familles de ces énormes virus.

Toutefois, il semblerait que ces virus existe dans tout notre environnement naturel, et n’étaient simplement pas identifiés parce qu’il restaient bloqués avec les bactéries lors de leur filtrage. Ces énormes virus constituent en conséquence tout un univers inconnu, que les scientifiques nous dévoilent petit à petit.

 

Les dangers de ces virus

Didier Raoult - les dangers
Ces virus géants présentent des dangers

Bien entendu, les dimensions de ces virus stupéfient les chercheurs. Mais aussi, ils présentent un patrimoine génétique qui dépasse celui des virus traditionnels.

Didier Raoult expose des chiffres stupéfiants

2 500 gènes constituent les Pandoravirus et environ 1 000 gènes pour les Megavirus.

Il est en effet intéressant de souligner, que le virus du sida par exemple, ne contient qu’environ 10 gènes !

La connaissance de ces nouveaux gènes est totalement récent pour la science. En effet, la majorité des gènes du Pithovirus (2/3) n’est répertoriée dans aucun autre gène de virus ou d’organismes cellulaires. Quant à celles du Pandoravirus, cela correspond à une proportion plus élevée de gène non répertoriés (90 %), comme l’a souligné C. Abergel, co-découvreuse de ces deux spécimens géants à l’IGS.

Le paradoxe

D’autant plus qu’en séquençant les génomes de ces deux virus, les chercheurs ont remarqué qu’ils contenaient des gènes également présents dans notre environnement (plantes et organismes cellulaires), ainsi que chez les animaux, sauf les virus.

Ces gènes ont en effet un rôle important dans la conversion de l’ADN en protéines.

Didier Raoult souligne un paradoxe notable, comme ces virus n’ont pas besoin d’élaborer eux-mêmes leurs protéines, et qu’ils les créent grâce aux cellules hôtes qu’ils infectent.

L’IHU de Marseille optimise ces nouvelles avancées de découvertes sur ces énormes virus en continuant la coordination de leurs recherches.