L’organisation apprenante : une réponse à la construction de compétences ?

L’organisation apprenante est un concept, né dans les années 90, qui connaît un nouveau succès par le biais des outils numériques. C’est une nouvelle façon d’apprendre à apprendre.

Définition et principes

Le principe d’organisation apprenante obtint un vif succès dans les années 90. Elle donne une nouvelle dimension à l’avantage stratégique et concurrentiel. L‘organisation apprenante accorde peu d’importance aux approches classiques, aux chaînes de valeur ou à l’opportunité de diversifier ou de concentrer.

Elle privilégie une organisation rendue efficace grâce à sa faculté de réorganiser, de conjuguer et renouveler ressources et compétences et d’en initier de nouvelles. L’organisation apprenante privilégie la capacité de créer de nouvelles ressources plutôt que de les accumuler.

Ces principes, bien que généraux et flous, sont toujours d’actualité deux décennies plus tard.

Boucles I et II

On parle d’apprentissage à simple ou à double boucle.

L’apprentissage à simple boucle (niveau I) fait références à des améliorations. L’entreprise apprenante possède des fonctionnements, des procédures qu’elle maîtrise et auxquels elle apporte des modifications sans remise en cause de ses fondamentaux. Elle adjoint simplement un ou plusieurs indicateurs à ses tableaux de bord, apporte des améliorations à ses procédures qualité et apprend de ses erreurs. Exemple concret d’un apprentissage à simple boucle : un communiquant qui améliore son savoir des outils statistiques pour maximiser sa communication. Il s’enrichit dans un secteur qu’il maîtrise déjà.

L’apprentissage à double boucle (niveau II), quant à lui, signifie une remise en cause de la conception des représentations et des valeurs. Il se fonde sur le principe que les solutions appliquées dans le passé font les problèmes d’aujourd’hui. La notion de double boucle signifie la faculté de secouer les présupposés et l’apprentissage fait collectivement. Exemple concret : un service de communication presse, apprenant à communiquer sur les réseaux sociaux, agit en double boucle ce qui lui permet de relativiser et, même, de tenir pour fausses des notions intangibles jusqu’alors.

Diverses pistes

Statut de l’erreur et du risque

Confrontée à l’erreur, une organisation apprenante ne sanctionne pas mais met tout en œuvre pour ne pas la refaire.

Discrétion de la hiérarchie

L’organisation apprenante privilégie les espaces de créativité et de réflexion, sources de nouvelles idées et orientations, au détriment de la voie hiérarchique. Il en découle une reconsidération du rôle des managers.

Changement de couleur

Il ne suffit pas d’ajouter une procédure à une organisation pour la qualifier d’apprenante. Par contre, mettre en place d’autres modèles d’organisation, fondés sur plus de coopération, où il s’avère possible de prendre le commandement d’une action, d’une réunion ou d’un projet sans tenir une place hiérarchique pour autant.

Modèle 70:20:10

Il est prouvé que 70 % de nos acquis professionnels proviennent du poste de travail, de nos actes et des problèmes résolus quotidiennement. La rotation et l’enrichissement des tâches sont issues des méthodes très anciennes de management qui favorisent cette sorte d’apprentissage. 20% sont dus aux échanges entre collègues, au management et aux communautés de pratiques sur internet. Les 10 % restant découlent de la formation : stages, ateliers, formation à distance…

E-learning

Les plateformes d’e-learning essayent d’assimiler ces notions, susceptibles d’optimiser des apprentissages plus formels, de façon présentielle ou en e-learning. Elles se basent sur les réseaux sociaux et leur mode d’échange en favorisant les forums, les outils collaboratifs et les wikis dans le travail des apprenants. Les outils collaboratifs concernant la gestion de projet ou des outils plus généraux permettent de bâtir des compétences et des savoirs via les pratiques de partage.