Le gérant du 2e plus grand site de streaming condamné à 2ans de prison

Le tribunal de Nanterre a finalement rendu son verdict, au bout de plusieurs années de procédure opposant les syndicats des professionnels de la musique et du cinéma et le gérant du 2e plus grand site de streaming. L’homme a été condamné à 2ans de prison et au paiement d’une amende de plusieurs dizaines de millions d’euros. Retour sur l’une des affaires les plus célèbres de France.

Un condamné toujours en fuite

Il y a quelques semaines, l’on apprenait la condamnation du gérant de Streamiz. Le site de streaming avait été créé par un français qui a su en faire au bout de quelques mois seulement le 2e plus grand site de streaming.

À ses heures de gloire, Streamiz accueillait jusqu’à 250 000 internautes chaque jour avec 40 000 vidéos visionnées gratuitement. Cette activité a permis à l’homme d’amasser des gains publicitaires illégaux estimés à 150 000€.

Streamiz

Cette florissante affaire avait suscité la colère des syndicats des professionnels de l’audiovisuel qui ont engagé une poursuite contre le gérant. Âgé aujourd’hui de 41ans, le gérant a dû faire face à ses actes. Le tribunal de Nanterre vient de le condamner pour contrefaçon et travail dissimulé. Il écope à cet effet de deux ans de prison fermes et à 83,6 millions d’euros de dommages et intérêts.

De quoi compenser l’énorme manque à gagner que l’activité illégale de ce site a causé aux professionnels du cinéma et de la musique au cours de ses années d’activité. Faut-il encore que le prévenu soit appréhendé, puisque jusqu’à présent, il est encore en cavale, faisant de fait l’objet d’un mandat d’arrêt.

L’homme avait pourtant été interpelé une première fois en 2011, non loin de son domicile à Montrouge. Remis en liberté, il s’est ensuite évaporé dans la nature et n’a jamais répondu à la convocation du juge d’instruction. Ce dénouement n’est pas sans rappeler le combat qui est mené contre le streaming depuis plusieurs années.

Le streaming, la bête noire des professionnels de l’audiovisuel

Bien que le prononcé du verdict contre le gérant de Streamiz paraisse comme une goutte d’eau dans l’énorme marre que représente le streaming, elle renforce les professionnels de l’audiovisuel dans leurs convictions.

L’apparition du streaming avait vu naitre, par la même occasion, des centaines de sites. Cette pratique illégale, qui consiste au visionnage en ligne de vidéos musicales et de films gratuitement,  avait suscité la colère du monde du cinéma et de la musique.

S’apparentant presque à du piratage, le streaming devait son succès à son caractère facile et économique. Il suffisait en effet de disposer d’une bonne connexion internet pour visionner n’importe quel film sans avoir à payer quoi que ce soit.

C’est donc à juste titre que 20th Century Fox, Warner Bros, Disney, la Société des auteurs-compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) et la Fédération Nationale des Distributeurs de Films (FNDF)  s’étaient associés pour mener une action en justice contre l’un des plus grands acteurs du streaming.

Désormais, les autres gérants de site de streaming savent à quoi s’en tenir quant à l’engagement de ces géants de l’audiovisuel.