L’impact environnemental de la viande

Les français dévorent aujourd’hui 89 kilos de viande par an, deux fois plus que leurs grands-parents et trois fois plus que leurs arrières grands-parents. A l’échelle mondiale, ce sont 65 milliards d’animaux qui sont abattus chaque année pour satisfaire nos appétits toujours plus carnés. Si la croissance de la consommation de viande ralentit ou stagne en Europe ou aux États-Unis, elle est en plein essor dans les pays en développement, Chine et Inde en tête.

Conséquence : la production mondiale de viande a quintuplé entre 1950 et 2000. Elle s’élevait à 309 millions de tonnes en 2013 et pourrait atteindre 465 millions en 2050 dans un monde à plus de 9 milliards d’humains. De toutes les viandes, c’est la volaille qui a connu la plus grosse envolée : la production de poulets, poules et autres dindes a doublé en dix ans, rattrapant celle de porcs loin devant les bœufs, les veaux, les ovins et les caprins.

Alors que la demande s’accroît, l’élevage se fait toujours plus intensif. Par exemple, le nombre de porcs vendus par une ferme américaine a bondi de 945 à 8400 par an en près de 20 ans. Aux États-Unis toujours, le poids d’un animal à l’abattage est passé de 67 kg dans les années 70 à environ 100 kg aujourd’hui. En France, 83% des 800 millions de poulets sont élevés sans lumière du jour et 95% des 25 millions de cochons sont élevés sur caillebotis en bâtiments.

Des voix s’élèvent

Face à cette production toujours plus effrénée et industrialisée, des voix s’élèvent parmi les citoyens, les ONG et même les organisations internationales afin de diminuer ou supprimer la consommation de viande ou trouver de nouvelles façons de la produire. Pour des raisons environnementales mais aussi d’éthique et de bien-être animal.

Impacts sur l’eau

Pour produire un kilo de bœuf, il faut l’équivalent d’une petite piscine, pas moins de 15 500 litres d’eau avant tout pour irriguer les céréales et le fourrage. Un kilo de porc engloutit 4900 litres, un de poulet 4000 litres, bien loin devant le blé, les pommes, les tomates ou les carottes.

Impacts sur les émissions de gaz à effet de serre

Selon l’Organisation des Nations Unies de l’alimentation et de l’agriculture, l’élevage est responsable de 14,5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre dont 9,7% pour les seuls bovins. C’est légèrement plus que le secteur des transports. Si le bétail contribue simplement au rejet de dioxyde de carbone, il est par contre responsable de près de la moitié des émissions de protoxyde d’azote et de méthane, deux gaz dont le potentiel de réchauffement est respectivement 25 et 300 fois supérieur à celui du CO2. En cause : l’usage d’engrais pour les cultures et la digestion des ruminants.

La progression de la déforestation

Dans le monde, 70% des terres agricoles sont aujourd’hui destinées à nourrir les animaux car de plus en plus d’entre eux sont engraissés non plus avec de l’herbe mais du blé, du maïs, ou du soja OGM. Or, pour produire un kg de viande, il faut jusqu’à entre 7 et 12 kg de céréales. Chaque année, ce sont alors plusieurs millions d’hectares qui sont déboisés dans le monde pour laisser place à des pâturages pour le bétail. On estime que l’agriculture est responsable de 70% de la déforestation en particulier au Brésil qui possède le 2e plus gros cheptel de bovins au monde.

La pollution de l’environnement

Les élevages industriels sont également à l’origine de pollution de l’eau en raison des nitrates et du phosphore provenant des épandages de fumier et de lisier, les rejets de pesticides et d’engrais contaminent également l’environnement. En Bretagne, le phénomène des algues vertes est ainsi attribuable aux élevages porcins intensifs.

La maltraitance des animaux

Les animaux sont toujours plus élevés de façon exigüe et cruelle. Ils passent une vie de plus en plus courte, maltraités, surmenés et reçoivent de fortes doses d’antibiotiques et d’hormones de croissance avant d’être abattus.