Le clivage du marché du travail

L’Observatoire des Inégalités dressait un bilan dans un premier rapport publié en 2015. Celui-ci démontrait une corrélation entre les inégalités sur le marché du travail et les politiques publiques. Un second rapport rassemble des données analysées sur le sujet, et ne pousse pas à l’optimisme. Mais où se trouvent les inégalités exactement ? C’est ce que nous vous proposons de découvrir aujourd’hui.

La non-qualification, source de discrimination

Sans surprise, la crise frappe essentiellement les milieux populaires. Ainsi, employés et ouvriers représentent 70% des chômeurs supplémentaires entre 2008 et 2016. Plus précisément, les non-qualifiés subissent un taux de chômage de 20%. Un chiffre en hausse depuis 1982 puisqu’ils n’étaient que de 9,4% cette année-là.

Immigration et emploi

Les immigrés souffrent également d’un fort taux de chômage en raison d’une part de leur milieu social et d’autre part du manque de qualifications. Ils sont également victimes de discriminations, ce qui n’aide pas à leur employabilité.

Du sexisme dans le monde du travail ?

Si des discriminations persistent, la situation des femmes tend à s’améliorer, grâce notamment à une scolarisation accrue des filles, la mobilisation d’organisations féministes et l’évolution du droit du travail. Ainsi, les femmes disposent davantage de métiers qualifiés. Par rapport à 1982, la situation est encourageante : elles occupent 40% des emplois de cadres supérieurs, soit deux fois plus qu’à l’époque. Par ailleurs, les écarts de salaires diminuent, même si l’on est encore loin de l’égalité parfaite. Points noirs du tableau : le temps partiel reste massivement féminin et la difficulté de retrouver un emploi suite à une maternité demeure. Ce dernier cas concerne particulièrement les femmes issues de milieux populaires et non-qualifiés, ce qui rejoint notre premier point précédemment abordé.

Conditions de travail et pénibilité

La pénibilité au travail s’articule selon plusieurs axes : pollution (atmosphérique ou sonore), travail de nuit ou le dimanche, absence d’autonomie, travail à la chaîne…les évolutions en matière de droit du travail ont permis de mieux protéger les salariés. Cependant, les contraintes liées au rythme de travail ne faiblissent pas : 31,6 % en 2005 contre plus de 35% en 2013. Qui sont les plus touchés ? Les employés de commerce et de services et les ouvriers qualifiés. De plus, un salarié sur cinq ne connaît pas ses horaires de travail un mois à l’avance.

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