La féminisation du secteur funéraire

Embellir des visages fait partie de son quotidien. Agnès Wallet aurait très bien pu être esthéticienne, à ceci près qu’elle exerce sur des défunts. Il y a trois ans, elle se tourne vers la thanatopraxie, une technique de conditionnement des corps. Ancienne coiffeuse, elle n’a jamais été effrayée par cet univers.

« Je faisais de la pose de perruque et de la mise en place de perruque pour les gens qui étaient en traitement cancéreux donc je savais que malheureusement la mort ça touchait tous les jours, ça touchait aussi des gens que j’aimais beaucoup. Ça m’a jamais dérangée de passer de l’un à l’autre. »

Aujourd’hui elle enseigne diverses techniques de soins. En moins de dix ans, la profession s’est largement féminisée. Sur 100 thanatopracteurs, 40 % sont des femmes et au dernier concours elles étaient 40 sur 55 diplômées. De quoi bousculer certaines idées. »

Maude Bertrand, élève en thanatopraxie : « C’est un peu cette ancienne image où la femme est faite pour donner la vie donc après il y a le côté maternel, prendre soin des enfants, de la famille et l’homme c’est plus le côté la guerre, la mort. Donc c’est vrai qu’associer une femme dans un milieu pompes funèbres ou mortuaire, c’est toujours un peu délicat. »

Myriam Gervais elle, travaille dans le funéraire depuis dix ans, comme maîtresse de cérémonie. Son quotidien consiste à organiser les funérailles et à accompagner les familles dans leur deuil.

« Derrière une fragilité peut se cacher une femme forte aussi donc c’est vrai que le côté fragile qu’on peut donner peut appaiser et effectivement il faut être solide derrière puisque on voit des personnes pleurer, on voit des personnes qui sont dans le deuil. »

La féminisation du milieu funéraire ne date que d’une vingtaine d’années, elle s’explique surtout par une mutation du métier.

Richart Feret, Directeur général de la CPFM  « Depuis les années 90 c’est un métier qui devient de plus en plus un métier de conseil et qui pour le coup devient de plus en plus un métier tourné vers l’être. Je crois que les filles, les femmes, y réussissent particulièrement bien. »

Mais dans l’ensemble du secteur, la proportion de femmes reste faible. En 2005, elles représentaient 20% des salariés du monde funéraire.

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