Un quartier Antique (re)découvert à Rennes

Des fouilles archéologiques menées par l’INRAP ont été entreprises rue de la Cochardière, en mai dernier. Elles ont déjà dévoilé une série de vestiges de l’antiquité romaine, et devraient se prolonger pendant un an. Alors qu’un immeuble avec des parkings souterrains est prévu à cet emplacement.

« Le site est traversé par deux rues romaine est-ouest et une rue nord-sud », a délcaré  l’un des archéologues de l’INRAP qui travaille sur les lieux. « Nous avons déjà trouvé, au nord du site, une domus romaine, c’est à dire une habitation assez cossue, avec des sols en béton romain bien conservés. Elle a subsisté jusqu’au Ve siècle environ ». La villa est cependant relativement détériorée : bien que le site soit resté vierge pendant plusieurs siècles, au début du XIXe, une maison avait été bâtie sur ces vestiges, en partie détruits par la construction d’une cave, puis d’une fosse septique ; cette bâtisse a été rasée vers 1970. « Le constructeur de cette maison était un érudit et avait fait faire des fouilles à l’époque ; il avait d’ailleurs récupéré des choses », confie le scientifique. Le niveau archéologique romain est à moins d’un mètre sous le sol actuel.

Le site ne se limite pas à la villa. « Il y a aussi un cimetière, à partir du Ve siècle jusqu’au Moyen Age », autour d’une ancienne église Saint-Martin des Vignes, disparue. « Ce cimetière a été établi sur un quartier romain ». Cette église, très mal connue, a été détruite en 1794.

Un diagnostic avait été réalisé en 2012 met en exergue que de nombreux vestiges romains ont été découverts dans les environs de l’Hôtel-Dieu,  des briques romaines récupérées au XIXe, par centaines, par l’entrepreneur M. Louis qui les a réutilisées partout en ville. « A la place de l’Hôtel-Dieu il y avait d’ailleurs un grand édifice public, peut-être des thermes », précise le chercheur. Ainsi que tout un quartier de la ville, avec plusieurs rues et des habitations.

Pendant ces diagnostics, des fragments de céramiques romaines et du haut Moyen-Age ont été retrouvés, ainsi que deux pièces de monnaies de la fin du IVe siècle. Il s’agit de deux as, l’un émis pour l’empereur Valens (364-378), l’autre à l’effigie d’Arcadius (388-402) . Près d’une tombe a aussi été retrouvée une fibule en argent en forme d’omega, décorée avec des motifs identiques à ceux qu’on peut rencontrer au Danemark et daté approximativement du Ve siècle après JC. De nombreux débris de l’Antiquité, des VIe-VIIe et XIe-XIIe siècles ont aussi été découverts.

Les fouilles devraient se poursuivre jusqu’en mai 2017 et occuper environ une vingtaines personnes, dont plusieurs étudiants en archéologie. Elles permettront d’enrichir la connaissance d’un quartier entier de la ville antique et d’une éminente nécropole historique.

T. Gond

4 Commentaires

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  1. 1
    Erwan Corre

    Merci pour ces infos très excitantes qui confirment donc l’étendue de la ville antique ! A-t-on déjà des relevés des constructions qui seraient en accord avec les projections du plan de la ville telle qu’elle a été esquissée par Dominique Pouille et son équipe ? Et d’un autre côté avez-vous des infos sur les premiers résultats de fouilles récentes sur la place saint-Germain ? Merci !

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